Standing Buffalo fixe une échéance au 16 novembre après le refus de Bell de transmettre des documents sur son centre de données d’IA
Bell Canada a fait savoir à la Nation dakota de Standing Buffalo qu’elle ne lui remettra pas les rapports techniques, les ententes commerciales et la correspondance réglementaire que la Première Nation a demandés au sujet du centre de données d’IA que BCE construit près de Regina, a rapporté CTV News le 20 octobre. La Nation donne maintenant à l’entreprise jusqu’au 16 novembre pour dire si elle partagera ces documents et participera à l’examen du projet mené par Standing Buffalo.
Le chef Rodger Redman a d’abord écrit au président et chef de la direction de BCE, Mirko Bibic, le 2 octobre. Il soutient que l’installation, située dans la municipalité rurale de Sherwood, se trouve sur un territoire dakota traditionnel non cédé et qu’elle est d’une telle ampleur que la Nation doit bien comprendre ses fondements techniques, ses effets sur l’environnement et son processus d’approbation. Sa demande visait la correspondance avec les organismes de réglementation ainsi que des documents sur le système de refroidissement, le cycle de vie du matériel informatique et tout agrandissement prévu, y compris la production d’électricité.
Dan Rink, président, Infrastructure et stratégie IA chez Bell AI Fabric, a répondu le 16 octobre en fournissant des renseignements publics sur le refroidissement, la consommation d’eau et d’électricité, le recyclage du matériel et le démantèlement éventuel du centre, et il a offert de rencontrer le chef et le conseil de bande. Il n’a toutefois pas promis les documents, en écrivant que Bell ne les diffuse pas en dehors des processus réglementaires ou des ententes pour lesquels ils ont été préparés. Standing Buffalo précise qu’une rencontre ne serait qu’un échange d’information, et non une consultation de la Couronne ni un consentement; la Nation avait déjà évoqué des poursuites judiciaires d’envergure si BCE ne répondait pas.
Ce que ça change concrètement
Le différend touche un projet qui a beaucoup grossi. Prévu au départ à 300 mégawatts, le site de Sherwood doit maintenant atteindre 1,2 gigawatt sur plus de 1 000 acres, l’ampleur décrite dans notre article précédent sur le pôle de Bell AI Fabric en Saskatchewan. Ottawa a aussi énoncé des principes de développement responsable des centres de données, et d’autres promoteurs avancent rapidement, comme le montre le bail à long terme d’Anthropic à Point Tupper, en Nouvelle-Écosse.
Pour les promoteurs d’infrastructures d’IA, l’affaire montre à quelle vitesse les questions d’eau, d’électricité et de terres deviennent des questions de droits autochtones. Un refus fondé sur la confidentialité commerciale peut sembler courant pour une entreprise de télécommunications, mais il n’a pas la même portée pour une Nation qui veut juger elle-même de la façon dont ses droits ont été pris en compte. CTV News appartient à Bell Média, une filiale de BCE, ce que le média a signalé dans son reportage.
À surveiller : la réponse de Bell avant l’échéance du 16 novembre, une éventuelle intervention des autorités provinciales ou fédérales sur la consultation, et la décision de Standing Buffalo d’intenter ou non des poursuites qui pourraient ralentir ce que CTV décrit comme l’un des plus importants investissements de l’histoire canadienne.