Le Canada adhère à EuroHPC et ouvre aux chercheurs canadiens les superordinateurs et usines d’IA de l’Europe
Le Canada va adhérer à l’Entreprise commune pour le calcul à haute performance européen, appelée EuroHPC, ce qui donnera aux chercheurs et aux entreprises du pays un accès à certains des plus grands systèmes de calcul d’Europe, a rapporté BetaKit après le sommet Canada–UE tenu à Montréal le 30 octobre. Cette décision fait partie d’un ensemble plus large de mesures annoncées par le premier ministre Mark Carney et les dirigeants de l’Union européenne, que le Cabinet du premier ministre a présenté comme une nouvelle alliance entre les deux partenaires.
En vertu de l’entente, les équipes canadiennes pourront demander l’accès à des machines comme JUPITER, en Allemagne, le premier superordinateur exaflopique d’Europe. Le réseau EuroHPC compte 14 superordinateurs, 10 ordinateurs quantiques et 19 usines d’IA, des installations conçues pour aider les entreprises et les scientifiques à entraîner et à exploiter des modèles d’IA. Evan Solomon, le ministre responsable de l’intelligence artificielle, a affirmé que cette adhésion donne aux Canadiens accès à une puissance de calcul qu’aucun pays ne peut bâtir seul.
La déclaration commune du sommet aborde aussi plusieurs autres dossiers numériques. Les deux parties ont conclu un accord sur le commerce numérique, ont convenu de collaborer à Destination Earth, le programme de l’UE qui construit une réplique numérique de la planète pour la modélisation du climat et de la météo, et ont discuté d’un câble de données transatlantique. Ce dernier point compte, puisque environ 80 % du trafic Internet du Canada transite par les États-Unis, selon le Centre pour l’innovation dans la gouvernance internationale, cité par BetaKit.
Ce que ça change concrètement
Pour les laboratoires canadiens, le changement le plus immédiat est un nouvel endroit où soumettre de grands travaux d’entraînement et de simulation pendant que la capacité nationale se construit. Ottawa indique qu’il nommera au début de la nouvelle année le maître d’œuvre de son superordinateur public d’IA de 890 millions $ et qu’il est ouvert à l’idée de relier cette machine au réseau européen. L’annonce survient au lendemain du jour où Ottawa a engagé jusqu’à 1,6 milliard $ pour une participation dans Cohere, qui a promis 1,7 milliard $ en capacité de calcul au Canada.
Les chercheurs en climat et en feux de forêt devraient compter parmi les premiers utilisateurs. Des équipes canadiennes appliquent déjà l’IA dans ce domaine, comme lorsque Mila et Ressources naturelles Canada ont mis au point un modèle de feux de forêt jusqu’à 3 400 fois plus rapide. L’entente prolonge aussi la recherche de partenaires aux vues similaires menée par Evan Solomon en IA, après sa tournée au Royaume-Uni et en Irlande qui a renouvelé un partenariat Canada–Royaume-Uni en sécurité de l’IA.
Reste à voir quand les premières demandes d’accès canadiennes seront approuvées et à quelles conditions, qui sera choisi pour exploiter le superordinateur national, et si le conseil de stabilité technologique évoqué au sommet prendra forme comme lieu de coordination des règles sur l’IA et d’autres technologies essentielles.