Cohere ouvre un bureau à Ottawa, près de Lansdowne, pour se rapprocher de ses clients fédéraux
Cohere ouvre un bureau à Ottawa, son troisième au Canada après Toronto et Montréal, ce qui rapproche la société torontoise d’IA des clients fédéraux qu’elle courtise depuis un an. L’entreprise a annoncé la nouvelle jeudi, a rapporté BetaKit. Les locaux, situés à côté du parc Lansdowne, dans le quartier du Glebe, accueilleront les près de 30 employés de Cohere qui travaillent déjà dans la région d’Ottawa, dans des fonctions de commercialisation, d’ingénierie, d’infrastructure et de sécurité.
Cohere n’a fixé aucune cible d’embauche. Un porte-parole a indiqué à BetaKit que l’entreprise compte « puiser dans le solide bassin de talents d’Ottawa à mesure qu’elle étend sa présence » (trad.), et des offres d’emploi publiques visent des ingénieurs déployés chez les clients (forward-deployed engineers) pouvant être basés dans la ville, c’est-à-dire le personnel qui installe et ajuste les systèmes d’IA dans l’environnement même du client. Cohere compte plus de 800 employés répartis entre des bureaux à Toronto, Montréal, New York, Londres et San Francisco.
Yasir Naqvi, député d’Ottawa-Centre, a salué l’annonce dans une déclaration. « Ottawa est essentielle à l’écosystème canadien de l’IA, puisqu’elle relie les innovateurs canadiens en IA aux principaux décideurs et experts en politiques, notamment au sein du gouvernement du Canada », a-t-il affirmé (trad.), ajoutant que ce bureau viendra « réaffirmer le rôle d’Ottawa comme lieu de collaboration » (trad.).
Ce que ça change concrètement
Ce bureau est un pari concret sur la stratégie que Cohere poursuit depuis des mois : se présenter comme une option souveraine et sécurisée pour les gouvernements et les industries réglementées. L’entreprise a signé l’an dernier un protocole d’entente avec le gouvernement fédéral pour explorer les usages de l’IA dans la fonction publique, et elle détient un contrat avec le Centre de la sécurité des télécommunications. Le Québec a pour sa part signé une entente exploratoire pour mettre Cohere à l’essai dans sa fonction publique. L’entreprise a aussi acheté les droits de dénomination du Centre des expositions de la capitale (Capital Exhibition Centre), aujourd’hui appelé Cohere Centre.
La défense est l’autre attrait. Ottawa gagne en importance comme pôle de l’industrie de la défense, et Cohere a approfondi cette semaine son partenariat avec Thales pour offrir son IA agentique aux Forces armées canadiennes en soutien aux opérations navales et maritimes. Avoir des ingénieurs près des ministères et des entreprises de défense compte, puisque les déploiements sécurisés se font souvent sur une infrastructure contrôlée par l’État, où les fournisseurs doivent travailler de près avec les équipes internes. L’annonce suit le lancement, plus tôt ce mois-ci, de la plateforme d’agents North 2 et d’une alliance avec PwC.
À surveiller : le nombre de nouveaux postes que Cohere pourvoira à Ottawa, la transformation éventuelle du protocole fédéral en contrats rémunérés dans les ministères, et la rapidité avec laquelle le travail avec Thales passera du partenariat au déploiement à bord de navires canadiens.